Ostéonécrose de la mâchoire après traitement par bisphosphonates

Les bisphosphonates de nouvelle génération tels que l’acide zolendronique, le pamidronate et l’acide alendronique ont diverses indications en médecine. Initialement, leur utilisation était limitée aux patients atteints d’une tumeur maligne métastatique secondaire au cancer du sein, au cancer du poumon, au cancer de la prostate ou au myélome multiple. Leur bénéfice dans ces conditions a conduit à une application plus large pour d’autres pathologies osseuses, telles que l’ostéoporose et la maladie de Paget.1 Leur principal effet est d’inhiber l’activité des ostéoclastes; cependant, ils semblent également avoir des effets anti-angiogéniques2, et une fois qu’ils sont incorporés dans la matrice osseuse, la dégradation est minime.3

Les rapports de plusieurs centaines de cas au cours des trois dernières années suggèrent que l’utilisation à long terme de bisphosphonates de nouvelle génération augmente le risque d’ostéonécrose avasculaire des mâchoires.4

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Le délai moyen d’apparition de l’ostéonécrose après le début du traitement est de un à trois ans6. Le tableau clinique comprend des lésions buccales ulcéreuses non cicatrisantes et des os nécrotiques visibles, parfois associés à une mâchoire diffuse ou à une douleur faciale intoxication. Les effets secondaires ostéonécrotiques sont relativement rares chez les patients prenant ces médicaments, et le risque est lié au type de médicament et aux doses administrées (incidence estimée entre 1 et 10%) 7. Bien que rares, ces effets secondaires sont cliniquement difficiles à gérer6. les effets devraient être pris en compte lorsque des bisphosphonates de nouvelle génération sont prescrits à des patients sans cancer qui ont une meilleure survie à long terme et donc un risque accru de développer une ostéonécrose retardée.8

Alors, est-il possible de prévenir l’ostéonécrose avasculaire? Deux études récentes ont conclu qu’il ne peut pas être complètement évité.6

8 Ces études ont identifié des facteurs de risque (potentiellement modifiables) qui augmentaient le risque d’ostéonécrose maxillo-mandibulaire avasculaire, tels qu’une mauvaise hygiène dentaire, des problèmes parodontaux, des extractions dentaires et une chirurgie buccale.

Actuellement, l’arrêt des bisphosphonates de nouvelle génération, le traitement par des antibiotiques à long terme et un débridement chirurgical soigneux peuvent limiter l’ostéonécrose, mais aucun traitement ne peut l’inverser complètement. Nous recommandons donc que les patients soient orientés vers un spécialiste dentaire ou maxillofacial, de sorte que les problèmes parodontaux chroniques et les extractions dentaires prévisibles puissent être envisagés avant le début du traitement. L’importance d’une bonne hygiène dentaire doit être soulignée, et les patients doivent être pleinement conscients des avantages et des inconvénients afin qu’ils puissent prendre une décision éclairée quant à la nécessité de commencer le traitement.

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