Étude: Le cannabis réduit l’inflammation dans le cerveau et prévient le déclin mental des personnes vivant avec le VIH

Selon une nouvelle étude, jusqu’à la moitié des personnes infectées par le VIH pourraient prévenir le déclin mental associé à la maladie grâce au cannabis.

Des chercheurs de la Michigan State University ont découvert que les utilisateurs de marijuana infectés par le VIH avaient moins de globules blancs inflammatoires. Comme le système immunitaire essaie continuellement de combattre le virus, l’inflammation dans le cerveau survient chez de nombreux patients infectés par le VIH. Cependant, les auteurs de l’étude rapportent que ceux qui utilisent la marijuana notent des niveaux de cellules inflammatoires qui correspondent davantage à ceux des individus en bonne santé qui n’ont pas l’infection. Cela signifie que la marijuana pourrait aider les patients atteints du VIH à conserver leur fonction cognitive plus longtemps.

On estime qu’un Américain sur sept parmi les 1,1 million de personnes infectées par le VIH ne sait pas qu’il porte le virus. En Europe, les experts signalent que les infections par le virus augmentent à un rythme «alarmant»: 160 000 personnes ont contracté le VIH dans 53 pays européens en 2016, selon l’Organisation mondiale de la santé. Cela représente une augmentation de 52% par rapport aux chiffres de 2007.

Pour leur étude, les scientifiques ont examiné des échantillons de sang prélevés sur 40 patients infectés par le VIH. Certains des participants étaient des consommateurs de cannabis, tandis que d’autres ne l’étaient pas. Après avoir isolé les globules blancs inflammatoires des échantillons, les chercheurs ont évalué l’effet du THC dans la marijuana sur les cellules. Le THC, ou tétrahydrocannabinol, est responsable de l’effet hallucinogène du médicament.

Le principal auteur de l’étude, le professeur Norbert Kaminski, a fait remarquer que «les patients qui ne fumaient pas de marijuana avaient un taux très élevé de cellules inflammatoires par rapport à ceux qui en utilisaient».

Les chercheurs croient que les composés de la marijuana servent d’agents anti-inflammatoires qui réduisent le nombre de globules blancs inflammatoires et les protéines qu’ils libèrent dans le corps d’une personne.

Un effet similaire pourrait être observé chez les patients souffrant d’autres types de maladies

Les scientifiques espèrent que les résultats, qui ont été publiés dans le journal sur le sida, pourraient aider à traiter d’autres conditions où l’inflammation est observée dans le cerveau, comme la maladie de Parkinson et la démence.

Kaminski est le directeur de l’Institut de toxicologie intégrative à MSU, et il étudie les effets de la marijuana sur le système immunitaire depuis près de 20 ans. Son laboratoire a été le premier à identifier les protéines qui se lient aux composés de la marijuana sur les surfaces des cellules immunitaires, et cette étude a montré précisément comment ces composés ont un impact sur le système immunitaire.

D’autres études sur les effets de la marijuana sur le VIH sont prévues

Une nouvelle étude vient de recevoir une subvention de 3,2 millions de dollars de l’Institut national de lutte contre l’abus des drogues en Floride pour étudier les effets de la marijuana sur la santé. L’étude est considérée comme la plus importante à ce jour et sera réalisée par l’Université de Floride. Les participants sont choisis en ce moment, avec 400 patients infectés par le VIH qui consomment de la marijuana à des fins récréatives ou médicales et 100 patients VIH qui ne sont pas des utilisateurs de marijuana devraient être suivis sur une période de cinq ans.

Dans la prochaine étude, les chercheurs prévoient suivre la fréquence d’utilisation de la marijuana, la quantité, les méthodes de consommation et le contenu en cannabinoïdes pour découvrir les modes d’expression du virus dans le corps des gens et comment ils affectent la gestion des symptômes. On estime que 30% des Floridiens infectés par le VIH utilisent une certaine forme de marijuana pour gérer les symptômes tels que les problèmes de sommeil, les nausées, le stress, l’anxiété et la douleur. Près de 70% de ceux qui l’utilisent à ces fins déclarent avoir reçu des prestations de santé.